Deux préjugés largement répandus ternissent l’image de l’industrie canadienne des pâtes et papiers : selon le premier, la ressource forestière canadienne serait « menacée », et selon le second, chaque fois qu’elle a besoin d’un nouvel emballage, l’industrie se contenterait de s’armer d’une scie mécanique et d’aller couper des arbres.

 

En réalité, seule une infime portion de l’immense territoire forestier canadien est récoltée chaque année. En 2010, c’était moins de 0,5 %, selon le rapport annuel de Ressources naturelles du Canada intitulé L’état des forêts du Canada. En comparaison, les feux de forêt ont brûlé 11 % plus d’arbres, et les insectes en ont ravagé 19 fois plus, une quantité incroyable! Il faut encore préciser que le 0,5 % du couvert forestier récolté est essentiellement destiné à la production de pâte, de papier et de bois d’œuvre. Une part négligeable seulement se retrouve dans la composition des emballages.

 

La loi oblige l’industrie à régénérer toute forêt située sur les terres de la Couronne (93 % du couvert forestier canadien appartient à l’État) et dans laquelle des arbres sont récoltés. Cette régénération passe actuellement par la plantation d’arbres (72 %) et par la régénération naturelle (28 %). Le Canada est en effet un meneur mondial dans la gestion écoresponsable des forêts. Environ 150 millions d’hectares de terres forestières font l’objet d’une certification octroyée par un organisme indépendant, et près de 90 % des forêts canadiennes visées par des mesures de gestion forestière sont certifiées en fonction de l’une des trois normes de gestion écoresponsable reconnues internationalement, soit celle de l’Association canadienne de certification (ACNOR), celle du Forest Stewardship Council (FSC) et celle de la Sustainable Forestry Initiative (SFI).

 

L’industrie de l’emballage de papier et de carton sait reconnaître sa dette à l’égard des arbres, une ressource renouvelable, car elle a besoin de fibres vierges, plus longues et résistantes, pour compenser les fibres plus anciennes qui au fil des recyclages répétés raccourcissent, s’amincissent, s’affaiblissent et finissent par s’user.

 

En moyenne, les emballages de carton ondulé produits au Canada contiennent un peu plus de 10 % de fibres fraîchement coupées. Le reste consiste en papier et en carton recyclés (66 %) ainsi que de copeaux, de résidus de planage et de sciure de bois issus des activités d’exploitation forestière et de sciage du bois d’œuvre destiné à la construction des maisons, des hôpitaux, des universités, etc.

Recycling and Paper Recycling Flow Chart

Le lien ci-dessous renvoie à un document du CEEPC qui contient un diagramme montrant le cheminement des fibres vierges, des fibres recyclées et du papier, de l’usine de pâte vers les transformateurs, les presses et les propriétaires de marques, et ensuite vers les consommateurs industriels et résidentiels, puis de nouveau vers l’usine de pâte, et ainsi de suite (The Paper Recycling Flow Chart, en anglais seulement).